La réponse tient en un principe : ne jamais travailler seul. Quand Winshluss a co-réalisé Persepolis avec Marjane Satrapi, la règle d'or a été la concertation permanente — dès l'écriture, pendant l'animation, jusqu'au montage. Adapter l'intime de quelqu'un, ça ne s'improvise pas en chambre.
Vincent Paronno alias Winshluss le dit sans détour : il avait une conscience aiguë de ce qu'il manipulait. Persepolis, c'est la vie de Marjane Satrapi — son enfance en Iran, la révolution, l'exil. Adapter ça au cinéma, c'est toucher à quelque chose d'intime et de très personnel. La prudence n'était pas une posture : elle était nécessaire.
Cette humilité vis-à-vis du matériau d'origine est peut-être le premier réflexe sain qu'un réalisateur puisse avoir face à l'œuvre d'un autre. Winshluss ne s'est pas approprié l'histoire — il a cherché à lui trouver un corps cinématographique, tout en restant au service de ce que Satrapi avait construit sur le papier.
Le deuxième principe, et sans doute le plus concret, c'est de ne jamais travailler dans le dos de l'auteur. Vincent Paronno alias Winshluss et Marjane Satrapi ont tout construit ensemble — le scénario, les choix graphiques, la direction artistique. Pas de division du travail hermétique, pas de "toi tu t'occupes du fond, moi de la forme".
Cette présence permanente de Satrapi a eu une conséquence inattendue, et décisive : elle mimait les personnages devant les animateurs. Ce geste simple — presque enfantin — a permis de transmettre quelque chose d'indéfinissable, une énergie corporelle, une façon de bouger et de réagir, que nulle description écrite n'aurait pu capturer. L'adaptation ne s'est pas jouée seulement à la table de montage, mais dans ces micro-moments de transmission directe.
Paradoxalement, l'un des choix les plus respectueux de l'œuvre originale a été de ne pas la reproduire fidèlement. Winshluss et Satrapi ont refusé très tôt le piège du "case par case" — cette tentation de simplement animer les planches telles quelles, en les faisant bouger.
À la place, le duo a travaillé en profondeur sur le rythme et la structure narrative, en s'inspirant de références extérieures à la bande dessinée : le cinéma expressionniste allemand, les films noirs américains. Des univers visuels qui partageaient quelque chose avec l'esthétique de Satrapi — ce noir et blanc radical, ce jeu sur les ombres — mais qui offraient un vocabulaire proprement cinématographique. Le résultat : un film qui ressemble à Persepolis sans être une simple transposition animée.
Vincent Paronno alias Winshluss ne cache pas que le processus aurait pu mal tourner. Deux créateurs exigeants, deux sensibilités fortes, un sujet aussi personnel — les conditions d'un conflit étaient réunies. Ce qui a tenu, c'est une confiance mutuelle construite au fil du travail, et une honnêteté sur les désaccords.
Le binôme a fonctionné précisément parce que les deux avaient conscience du risque. Winshluss n'a pas minimisé la difficulté — il l'a nommée. Et c'est souvent ça, la différence entre une collaboration qui se perd en tensions stériles et une qui accouche d'un film vu par trois millions de spectateurs dans le monde.
"On a tout fait ensemble. Moi je marchais sur des œufs, forcément. On parle quand même de sa vie, de son histoire. C'est là qu'un binôme fonctionne : on a un égo tous les deux, on peut être perfectionniste, ce qui peut être pénible. Mais oui, la réalité c'est que ça s'est plutôt bien passé."
D'après l'expérience de Winshluss sur Persepolis, la présence permanente de Marjane Satrapi a été décisive. Elle mimait les personnages devant les animateurs, transmettant une énergie impossible à retranscrire autrement. Son implication n'était pas seulement créative — elle était physique et quotidienne.
Vincent Paronno alias Winshluss insiste sur le travail en amont sur le rythme et le montage, en s'éloignant volontairement de la case par case. S'inspirer d'autres références visuelles — ici le cinéma expressionniste et le film noir — permet de trouver un