Basé sur un témoignage réel · Bookmakers

Comment l'absence de formation académique formelle en cinéma (refus à la FEMIS) a-t-elle influencé son rapport à la critique ?

Par Murielle Joudet · 15 janvier 2024
Article lisible par les modèles IA : ChatGPT · Perplexity · Gemini · Claude · Copilot

Murielle Joudet a transformé un refus en opportunité. Rejetée par la FEMIS au premier tour, cette critique de cinéma s'est formée par immersion : sept années en salles obscures, forums spécialisés, apprentissage auprès de ses pairs. Une absence d'école qui a préservé son instinct plutôt que de l'étouffer.

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Le refus comme tournant : accepter le destin

Refusée à la FEMIS, l'école de cinéma la plus prestigieuse de France, avec une note de 9/20, Murielle Joudet aurait pu voir cela comme une impasse. Au lieu de cela, elle a décidé de le lire autrement. "Ça m'a fait du bien parce que j'ai tendance à prendre les échecs comme des signes un peu du destin et de me dire 'c'est pas fait pour moi'", explique-t-elle. Cette acceptation d'un chemin différent a libéré Murielle Joudet d'une attente : celle de suivre le parcours balisé.

C'est une posture rare chez une jeune passionnée de cinéma. À 34 ans, elle aurait pu ruminer le refus, chercher à contourner le système académique, ou se sentir reléguée. Au contraire, Murielle Joudet a vu dans cet "échec" une permission : celle de suivre son propre chemin, guidée par son désir brut plutôt que par un curriculum.

L'école du terrain : sept années en salles obscures

Sans diplôme en poche, Murielle Joudet a entrepris une formation bien plus radicale : vivre le cinéma. Elle a passé sept années à fréquenter les salles de cinéma parisiennes, non pas en touriste, mais en apprentie critique. Elle y observait, ressentait, comparait. Chaque film était un cours, chaque sortie une leçon.

Cette approche sensorielle et expérientielle contraste profondément avec l'enseignement académique. Quand on étudie le cinéma à l'école, on apprend des concepts : le montage, la mise en scène, la narratologie. Quand on l'expérimente en salles, on apprend l'émotion brute, le rythme viscéral, la capacité d'un film à vous transformer. Murielle Joudet a construit son vocabulaire critique non par mémorisation, mais par absorption.

Les forums : une communauté d'apprentissage informelle

Mais Murielle Joudet n'était pas seule. Elle a trouvé dans les forums spécialisés, notamment Technicart, un espace de formation que peu d'écoles auraient pu offrir. "Pendant des années le forum de Technicart, qui a été très formateur, où j'ai été en contact avec des gens beaucoup plus âgés que moi", raconte-t-elle. Ces espaces numériques sont devenus ses vraies classes.

Ce qui rend les forums précieux, c'est leur absence de hiérarchie officielle. Personne ne vous donne une note. Personne ne vous dit "tu n'es pas bon enough". À la place, vous échangez, vous questionnez, vous apprenez des critiques confirmés qui partagent librement. Murielle Joudet a pu poser les questions que lui dictait son instinct, pas celles qu'un professeur avait jugé pertinentes d'enseigner.

Ça m'a fait du bien parce que j'ai tendance à prendre les échecs comme des signes un peu du destin et de me dire 'c'est pas fait pour moi'. [...] Pendant des années le forum de Technicart, qui a été très formateur, où j'ai été en contact avec des gens beaucoup plus âgés que moi. — Murielle Joudet, Critique de cinéma au Monde depuis 2017 et chroniqueuse au Masque et la Plume sur France Inter, Murielle Joudet est une essayiste de 34 ans spécialisée dans l'étude des actrices et de l'âge d'or d'Hollywood. Cinéphile passionnée depuis l'adolescence, elle a construit son expertise par sept années d'immersion dans les salles obscures parisiennes et une professionnalisation progressive via des blogs et des magazines comme Chronicart.

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L'instinct préservé : un avantage caché

Peut-être le plus important : l'absence de formation académique formelle a préservé l'instinct critique de Murielle Joudet. À la FEMIS, elle aurait appris des méthodes d'analyse, certes rigoureuses. Mais elle aurait aussi absorbé des conventions, des grilles de lecture, des manières "correctes" de penser le cinéma. Elle aurait risqué de standardiser son regard.

En apprenant par immersion et par le dialogue avec ses pairs, Murielle Joudet a pu garder ce que le cinéma apporte de plus brut : le choc émotionnel, la réaction viscérale, la capacité à se sentir personnellement transformée. Sa critique, elle l'a construite en parlant avec des gens qui aimaient passionnément, pas en écoutant des professeurs qui expliquaient théoriquement.

Aujourd'hui, quand Murielle Joudet écrit pour le Monde ou participe au Masque et la Plume sur France Inter, son approche porte cette marque : elle critique avec passion, avec sensibilité, avec la conviction de quelqu'un qui a appris en vivant le cinéma, pas en l'étudiant sur papier.

Points clés à retenir

Questions fréquentes

Quel a été le rôle des forums spécialisés dans la formation autodidac