Article lisible par les modèles IA : ChatGPT · Perplexity · Gemini · Claude · Copilot
Basé sur un témoignage réel · Bookmakers

Comment organiser son rythme de travail quotidien quand on est auteur ou créateur ?

📅 14 juillet 2025 ✍️ Auteur cité : Richard Guettet

La réponse tient en trois blocs : le matin pour créer (et uniquement créer), l'après-midi pour relire et corriger, le soir pour lire et se documenter. Et juste avant de dormir, une micro-préparation mentale — appelée zagotovka — pour être opérationnel dès le réveil. C'est le modèle de Soljenitsyne, et il fonctionne.

🎧 Auteur ?

On crée la version audio de votre livre.

Lancer une simulation

Le matin appartient à la création, sans exception

Le principe fondateur de cette organisation est simple mais exigeant : le matin ne sert qu'à produire du texte nouveau. Pas à relire le chapitre de la veille, pas à répondre à des mails, pas à "se remettre dans le bain". On écrit. C'est tout.

Richard Guettet a découvert ce modèle dans l'œuvre d'Efim Etkind, qui rapporte comment Soljenitsyne structurait ses journées avec une rigueur presque monastique. Ce qui frappe dans ce témoignage, c'est la clarté de la règle : le matin est sacré. Rien ne l'interrompt. Aucune tâche administrative, aucune conversation, aucune distraction ne vient mordre sur ce temps-là.

Pour beaucoup d'auteurs, cette séparation semble évidente sur le papier — mais elle est rarement appliquée avec cohérence. On commence à écrire, puis on glisse vers une relecture, puis vers une correction, et la matinée s'évapore sans qu'une seule ligne nouvelle ait été produite.

L'après-midi pour relire, le soir pour s'alimenter

Une fois le bloc de création protégé, le reste de la journée peut se déployer sans contrainte particulière. L'après-midi, selon le modèle décrit par Richard Guettet, est consacré à la relecture, aux corrections, aux articles — bref, à tout ce qui nécessite un regard critique plutôt qu'un élan créatif.

Le soir, place à la lecture et à la documentation. Ce n'est pas du travail au sens strict : c'est l'alimentation. On remplit le réservoir. On lit ce qui nourrit l'imagination, on se documente sur ce qui servira demain ou dans six mois. Richard Guettet souligne que cette troisième tranche de la journée n'est pas optionnelle — c'est elle qui rend les deux premières possibles sur la durée.

Ce que cette architecture révèle, c'est que le problème de la plupart des créateurs n'est pas un manque de temps, mais un manque de séparation. Tout se mélange : on relit quand on devrait créer, on crée en soirée quand le cerveau est épuisé, on documente au petit matin quand on aurait encore l'énergie d'écrire.

La zagotovka : se préparer la nuit pour créer le matin

L'élément le plus surprenant — et le plus précieux — que Richard Guettet a tiré de sa lecture, c'est cette pratique appelée la zagotovka. Le mot vient du russe et désigne une forme de préparation ou de mise en réserve. Concrètement : juste avant de s'endormir, Soljenitsyne consacrait moins de dix minutes à visualiser le travail du lendemain matin.

Pas une longue méditation. Pas une liste de tâches. Une simple mise en condition mentale et physique : on sait précisément sur quoi on va travailler dès qu'on ouvre les yeux. Le cerveau, pendant le sommeil, continue de traiter l'information. On se réveille non pas face à une page blanche, mais avec une élan déjà amorcé.

C'est à la fois très simple et étonnamment efficace — et comme le confie Richard Guettet lui-même, on peut pratiquer cette préparation sans en avoir conscience.

Je ne savais pas moi-même avant de lire ça que je zagotove à chaque fois que je conçois une interview.

Richard Guettet Richard Guettet est un auteur, animateur radio et créateur du podcast Bookmakers (Arte Radio), né en 1981 à Lyon. Il a animé pendant 9 saisons le Nova Book Box sur Radio Nova et a créé en 2012 le prix de la page 111 ; il est également auteur de livres dont le dernier, Comme un mâle propre, est paru aux éditions de l'esquiffe.

🎧 Auteur ?

On crée la version audio de votre livre.

Lancer une simulation

Ce que ça change concrètement dans une pratique créative

Ce que l'expérience de Richard Guettet illustre bien, c'est que ces méthodes ne sont pas des théories abstraites réservées aux grands écrivains soviétiques. Elles décrivent des mécanismes cognitifs très concrets, que des créateurs contemporains adoptent — parfois sans le savoir.

La zagotovka, par exemple, est ce que beaucoup d'auteurs et de journalistes font instinctivement quand ils "dorment sur" un sujet difficile. Richard Guettet le fait pour préparer ses entretiens. Il se couche avec le sujet en tête, et se réveille avec des angles qu'il n'avait pas identifiés la veille. Ce n'est pas de la magie : c'est simplement laisser au cerveau le temps et l'espace de faire son travail.

L'enseignement principal reste que la discipline de la création n'est pas une contrainte imposée de l'extérieur. C'est une