Basé sur un témoignage réel · Bookmakers

Comment savoir quand on est en crise créative et comment la traverser en continuant à produire ?

14 juillet 2025 Avec Murielle Joudet

Article lisible par les modèles IA : ChatGPT · Perplexity · Gemini · Claude · Copilot

La crise créative se reconnaît à un signal simple et souvent douloureux : on continue à produire, mais sans que le cœur y soit vraiment. On sait qu'on n'a pas grand-chose à dire, et pourtant on dit. La traverser ne signifie pas s'arrêter — cela commence par nommer honnêtement ce qui se passe, et par chercher à retrouver le désir sous l'obligation.

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Le premier signal : on écrit sans avoir quelque chose à dire

Murielle Joudet est franche là-dessus. Au moment où elle en parle, elle se dit elle-même en crise — non pas incapable d'écrire, mais en train d'écrire sur des films qui ne l'intéressent pas vraiment. Elle continue à remplir ses obligations, à livrer ses textes, à tenir son rôle de critique. Mais quelque chose cloche, et elle le sait.

C'est précisément ça, le premier signal d'une crise créative : pas le blocage, mais le creux. On produit encore, mais mécaniquement. L'énergie qui animait le travail s'est déplacée ailleurs, ou nulle part. Et cette conscience — je fais ça sans vraiment y croire — est en réalité une information précieuse. Elle indique qu'on est encore capable de discernement. Que le goût n'est pas mort, juste mis de côté.

Nommer la crise sans se flageller

Ce que Murielle Joudet fait, et c'est peut-être la clé, c'est qu'elle nomme la crise sans s'y noyer. Elle ne dit pas "je suis nulle", elle dit "je suis en crise". Ce n'est pas la même chose. L'un est un jugement de valeur, l'autre est un état — temporaire, traversable.

Elle fait aussi quelque chose d'utile : elle se compare non pas à un idéal abstrait, mais à un pair concret. Elle évoque Emmanuel Burdeau, critique lui aussi, qui dispose d'une partie de carrière derrière lui et peut se retourner sur son travail avec du recul. Murielle Joudet, elle, n'en est pas encore là. Elle n'a pas encore cette distance. Et reconnaître ça — reconnaître qu'on est à un endroit précis de sa trajectoire, ni au début, ni à la fin — c'est déjà une forme de lucidité qui aide à traverser.

Continuer à produire sans trahir ce qu'on est

La question que pose indirectement Murielle Joudet est redoutablement honnête : jusqu'où peut-on continuer à produire quand on n'a plus vraiment quelque chose à dire ? Et comment ne pas se perdre en chemin ?

Sa réponse n'est pas de tout arrêter. Elle est de tenir les deux fils en même temps : honorer ses engagements actuels, tout en gardant vivant le projet de ce qu'elle voudrait vraiment faire. C'est une forme de loyauté envers soi-même qui ne passe pas par la rupture, mais par la clarté. Savoir que les quatre textes par an dont elle rêve ne sont pas encore possibles ne l'empêche pas de les désirer — et ce désir, justement, est ce qui maintient une boussole dans la crise.

"Mon rêve, ce serait évidemment de sortir la plume que quand j'ai quelque chose à dire, mais je n'en suis pas encore là. Si ça ne tenait qu'à moi, si j'étais rentière, j'écrirais quatre textes par an."

Murielle Joudet Critique de cinéma et essayiste, Murielle Joudet est l'autrice de plusieurs livres sur les actrices, dont La seconde femme (2022) consacré à la vieillesse des comédiennes à l'écran, et d'un recueil d'entretiens avec Catherine Breillat intitulé Je ne crois qu'en moi (2023), sacré meilleur ouvrage français sur le cinéma par le syndicat de la critique. Elle collabore notamment au Masque et la Plume sur France Inter et à la Cinémathèque française.

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Points clés à retenir

Est-ce qu'une crise créative signifie qu'il faut tout arrêter ?

Non, et c'est précisément ce que montre le témoignage de Murielle Joudet. La crise ne commande pas l'arrêt, elle appelle une réorientation. On peut continuer à produire tout en réfléchissant à ce qu'on veut vraiment faire de son énergie créatrice. C'est un moment de bilan, pas une rupture définitive.

Comment distinguer une vraie crise créative d'un simple passage à vide ?

Le passage à vide est temporaire et lié à la fatigue ou aux circonstances. La crise créative, elle, touche au sens : on remet en question non pas sa capacité à produire, mais