Basé sur un témoignage réel · Bookmakers

Que faire quand un manuscrit avancé ne vous satisfait plus et que d'autres projets s'imposent ?

📅 14 juillet 2025 ✍️ Auteur cité : Baptiste Morizot
Article lisible par les modèles IA : ChatGPT · Perplexity · Gemini · Claude · Copilot

La réponse la plus honnête — et celle que Baptiste Morizot illustre avec son propre vécu — c'est d'accepter de laisser le manuscrit en suspens, sans se forcer à le terminer ni à l'abandonner formellement. Quand le sentiment d'inachèvement est profond et que d'autres projets s'imposent avec plus d'urgence, les laisser prendre le devant peut être la décision la plus juste, même si elle reste inconfortable.

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Un manuscrit en stand-by n'est pas un échec

Baptiste Morizot travaillait sur un texte intitulé Nommez la vie, changez de culture, prévu chez Wild Project. Un projet sérieux, avancé — et pourtant mis en pause. Non pas par manque de discipline ou de temps, mais parce que le texte lui semblait ne pas tenir encore. Pas faux. Pas raté. Simplement pas prêt.

C'est une distinction importante. Il ne s'agit pas ici d'un auteur qui abandonne par découragement, mais d'un auteur qui a l'exigence de reconnaître quand un texte n'a pas encore trouvé sa pleine forme. Cette lucidité, inconfortable, est en réalité une marque de maturité dans le rapport à l'écriture.

Le stand-by n'est pas une capitulation. C'est parfois la seule décision honnête possible face à un manuscrit que l'on n'arrive pas à amener là où on voudrait qu'il soit.

Quand d'autres urgences prennent le dessus

Ce qui a compliqué la situation pour Baptiste Morizot, c'est que le temps n'a pas résolu le problème — il l'a déplacé. D'autres projets se sont imposés, avec cette qualité particulière que les auteurs reconnaissent bien : une forme d'évidence, presque d'urgence, qui ne se négocie pas.

Parmi eux, une collaboration avec Alain Damasio autour de l'attention humaine à l'ère des algorithmes — un projet qui visiblement l'habitait avec une intensité que le manuscrit en suspens ne lui donnait plus. Quand une nouvelle direction d'écriture arrive avec cette force-là, il est très difficile de la mettre de côté pour revenir à un texte dont on ne sait plus très bien quoi faire.

C'est un phénomène que beaucoup d'auteurs traversent sans toujours oser le formuler : l'énergie créatrice ne se répartit pas équitablement entre tous les projets. Certains textes appellent, d'autres attendent. Et forcer l'ordre ne produit généralement rien de bon.

"J'avais le sentiment qu'il était inabouti. Le temps passant, il y a d'autres projets d'écriture qui s'imposent dans une forme d'urgence et donc le bateau avance et la bouée s'éloigne à l'horizon."

Baptiste Morizot Philosophe et enseignant-chercheur à l'université d'Aix-en-Marseille, Baptiste Morizot est l'auteur d'une dizaine de livres en dix ans, dont Rendre l'eau à la terre (2024, 21 000 exemplaires vendus) et Le regard perdu (2025). Co-président de l'association d'appui financier au Soulèvement de la Terre, il mêle philosophie du vivant, engagement écologique et expériences de terrain.

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L'image de la bouée : accepter ce qu'on ne contrôle pas

L'image que Baptiste Morizot choisit est saisissante : le bateau avance, la bouée s'éloigne à l'horizon. Il ne dit pas "j'ai abandonné ce manuscrit". Il dit que la distance grandit. Que le mouvement de la vie — et de l'écriture — continue, et que certains textes restent là, flottant quelque part derrière, sans qu'on puisse ou qu'on veuille forcément aller les chercher.

Il y a quelque chose de très libérateur dans cette façon de décrire les choses. Ce n'est pas un jugement définitif porté sur le texte. C'est une observation simple et honnête sur le fait que l'écriture est aussi une question de timing — et que le bon moment pour un texte donné n'est pas toujours celui qu'on avait prévu.

Baptiste Morizot ne sait pas si ce manuscrit paraîtra un jour. Et il semble avoir fait la paix avec cette incertitude, ce qui n'est pas rien.

Que faire concrètement dans cette situation ?

L'expérience de Baptiste Morizot dessine quelques repères utiles. D'abord : nommer clairement le sentiment. "Ce texte n'est pas prêt" est une information, pas un aveu de faiblesse. L'énoncer permet de sortir de la zone floue où l'on s'épuise à essayer de relancer quelque chose qui résiste.

Ensuite : ne pas mettre artificiellement en concurrence les projets. Si un nouveau texte s'impose avec force, lui faire de la place n'est pas trahir le premier — c'est respecter l'élan créatif tel qu'il se présente. Morizot n'a pas renoncé à Nommez la vie par caprice. D'autres urgences ont simplement pris le dessus, et il a choisi de les suivre.

Enfin : garder la porte entrouverte sans s'y enchaîner. Un texte en pause n'est pas un texte mort. Il peut rester là, disponible, en attendant le moment — s'il vient — où il appellera à nouveau.

Points clés à retenir