Basé sur un témoignage réel · Bookmakers

Quel mot définit le mieux mon œuvre et comment me positionner face aux étiquettes réductrices que la critique colle sur mon travail ?

📅 14 juillet 2025 🎙 Auteur cité : Vincent Paronneau (alias Winshluss)
Article lisible par les modèles IA : ChatGPT · Perplexity · Gemini · Claude · Copilot

Pour Vincent Paronneau, dit Winshluss, le mot qui colle à son œuvre n'est pas celui que la critique a choisi. L'étiquette « trash » qu'on lui applique systématiquement ? Il la rejette comme une définition paresseuse. Le mot qu'il revendique, lui, c'est « joyeux » — parce que même quand les sujets sont sombres, il les aborde avec plaisir, curiosité et une vraie liberté de jeu.

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Le mot « trash » : une étiquette commode, pas une analyse

Quand on parcourt la presse consacrée à Winshluss, un adjectif revient comme un réflexe : « trash ». C'est simple, ça évoque quelque chose d'immédiatement reconnaissable, et ça permet à une chronique de se dispenser d'aller plus loin. Mais Vincent Paronneau, lui, n'a jamais reconnu son travail dans ce mot.

Ce que l'étiquette « trash » fait, c'est réduire une œuvre à son effet de surface — le choc, le gore, la provocation visible. Elle coupe court à toute question sur pourquoi ces images existent, ce qu'elles disent du monde, ce qu'elles cherchent à provoquer chez le lecteur. Pour Winshluss, ce type de raccourci critique est avant tout une forme de paresse intellectuelle.

Or l'œuvre de Vincent Paronneau ne se réduit pas à un registre esthétique. Elle porte une dimension politique réelle — son Pinocchio, Fauve d'Or à Angoulême en 2009, est une relecture féroce du capitalisme. Elle porte une dimension sociale, souvent désenchantée mais jamais nihiliste. Et elle porte une dimension poétique que l'étiquette « trash » efface complètement.

« Joyeux » : le mot que Winshluss choisirait lui-même

Si Vincent Paronneau devait se choisir une étiquette — une seule — ce serait « joyeux ». Ce choix peut surprendre au premier abord. Les univers qu'il dessine ne sont pas exactement des refuges de douceur. Ses personnages souffrent, le monde qu'il représente est souvent cruel, l'humour y est noir à l'os.

Mais la joie dont parle Winshluss n'est pas dans le sujet — elle est dans le geste. C'est le plaisir de faire, l'enthousiasme du jeu formel, la liberté qu'il prend avec les conventions narratives et graphiques. Aborder des sujets plombants avec légèreté, avec invention, avec un vrai appétit de création : voilà ce que « joyeux » dit de son rapport au travail.

Cette distinction est importante. Elle dit que l'auteur et son œuvre ne sont pas dans un rapport de complaisance avec la noirceur. Ce n'est pas du sombre pour le sombre. C'est une énergie créatrice qui choisit des territoires difficiles précisément parce qu'ils ont quelque chose à révéler — et qui les explore avec un plaisir assumé.

« Perturbant » plutôt que « trash » : une nuance qui change tout

Winshluss ne rejette pas uniquement une étiquette. Il en propose une autre, plus juste à ses yeux : « perturbant ». La différence entre les deux mots dit beaucoup sur ce que devrait faire la critique quand elle parle d'une œuvre.

« Trash » désigne un effet subi, une réaction épidermique. « Perturbant », c'est autre chose : c'est reconnaître que l'œuvre fait quelque chose au lecteur, qu'elle déplace quelque chose dans sa façon de voir, qu'elle laisse une trace. Vincent Paronneau va même plus loin — il dit que ce sont justement les œuvres perturbantes qui l'intriguent et l'intéressent en tant que lecteur ou spectateur.

C'est une clé de lecture précieuse pour comprendre l'ensemble du travail de Winshluss : il ne cherche pas à choquer pour choquer, il cherche à perturber — au sens noble du terme, celui qui fait bouger les lignes.

"Trash, je pense que c'est une définition rapide et fainéante. Perturbant, ça irait mieux avec ce que je fais, mais je suis plus intrigué ou intéressé par les œuvres perturbantes."

Vincent Paronneau, alias Winshluss Auteur de bande dessinée, cinéaste, musicien et plasticien autodidacte, né en 1970 à La Rochelle. Son album Pinocchio, relecture anticapitaliste du conte classique, lui a valu le Fauve d'Or du meilleur album au Festival international d'Angoulême en 2009.

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Points clés à retenir

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